Quotidien Shaarli

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April 14, 2020

Philippe Klein, depuis Wuhan Chine : "J'ai conseillé à Emmanuel Macron un confinement strict, tout arrêter pendant quinze jours"

Le docteur Philippe Klein a vécu la crise du Covid-19 à Wuhan de l'intérieur, en tant que médecin dans une clinique internationale. Alors qu'il s'apprête à rentrer en France, il explique comment, quelques jours après le début du confinement, il a conseillé à Emmanuel Macron de prendre des mesures plus strictes.

Certains commencent à parler de déconfinement, vous dites que c'est beaucoup trop tôt…

"On ne peut pas parler de déconfinement tant que l'on n'a pas réussi le confinement. Si j'analyse a posteriori la situation chinoise, les Chinois ont fait un confinement extrêmement efficace sur une période courte, et un déconfinement progressif et contrôlé. C'est ça la bonne méthode : il faut faire un confinement avec une méthodologie, un confinement strict d'environ 15 à 20 jours où on va empêcher le brassage de la population, associé à l'identification de tous les positifs et les contacts. Et ensuite, un déconfinement progressif.

À partir du moment où on maîtrise la situation, on peut permettre un retour progressif à un fonctionnement normal de l'économie, puis ensuite un retour dans l'espace public des individus qui sont sans danger pour les autres. Et enfin, une réouverture des écoles : les écoles, c'est toujours ce qu'on rouvre en dernier, parce que c'est ce qu'on doit fermer en premier".

Qu'avez-vous conseillé au président Macron ?

"Dans cette méthodologie, où on a, au départ pendant 15 jours, un arrêt du brassage de population, il faut forcément qu'il y ait un arrêt des transports en commun. Le transport en commun, c'est un énorme vecteur de contamination. On doit arrêter les transports en commun.

Le fond, c'est que pendant quinze jours, on doit tout arrêter. Mais le but, c'est de tout arrêter le moins longtemps possible pour pouvoir reprendre une activité économique le plus rapidement possible.

Et non pas d'avoir une technique molle prolongée dans le temps avec des résultats bâtards, et un déconfinement incontrôlable, avec des rebonds, qui font que les conséquences économiques se prolongent dans le temps".

" J'estime qu'en France, on perd notre temps. Plus le temps passe, moins on applique une méthode associée à notre confinement, plus il y aura de morts physiques et de morts sociales"."

Pas un héros. | Alors Voilà. - Liens en vrac de sebsauvage

« Traiter les soignants en héros en les applaudissant tous les soirs, ça pose un problème. Parce que le héros ne se plaint pas, parce qu'il fera son boulot quitte à se sacrifier, parce qu'une fois qu'il a fini son boulot il retourne à l'anonymat, parce qu'on attend du héros qu'il fasse un boulot admirable avec ce qu'il a sous la main, parce qu'une fois qu'il a fini son boulot on ne lui donnera pas plus de moyens, parce qu'une fois qu'il aura fini son boulot on considère que le problème est résolu.
C'est exactement ce que les soignants ne veulent pas. Ils veulent plus de moyens matériels et humains, AU QUOTIDIEN. »

Emmanuel Macron met la France sous hypnose - Page 1 | Mediapart

Il l’a scrutée jusque dans ses recoins les plus sombres ne laissant rien au hasard, brassant héros et victimes, confinés et surveillants. On la mettrait bien sous sédatifs ou en coma artificiel mais les médocs et les lits manquent. Reste l’hypnose. Endormir la France pendant un mois. C’est un nouveau rôle pour celui qui affectionne les distributions théâtrales. Un rôle d’hypnotiseur pour une France inquiète, dépressive, voire traumatisée.

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Le théoricien de la guerre Karl von Clausewitz a forgé l’expression « brouillard de guerre » pour désigner le climat d’incertitudes qui prévaut pendant les guerres. Le discours d'Emmanuel Macron n’a pas dissipé le brouillard de pandémie, il l’a épaissi. Sur les taux d’infection, de létalité, sur les courbes de progression des décès, le rôle exact des masques, des tests, les modes de déconfinement, les formes de la rentrée des classes et de la reprise du travail, « rien de rassurant dans ce qu’il a dit d’exact. Rien d’exact dans ce qu’il a dit de rassurant

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Depuis son élection, Macron a changé de personnage si souvent qu’on a du mal à s’y retrouver. L’exercice du pouvoir ne va pas sans incarnation, selon Emmanuel Macron, mais avec lui l’incarnation est devenue une pure distribution. Les commentateurs en ont le tournis contraints de réécrire chaque soir la critique théâtrale d’un pouvoir costumé, virevoltant. À chaque intervention, le décor, les costumes, le scénario, le langage, changent. La fonction présidentielle n’est plus seulement un enjeu de pouvoir, soumis sous la Ve République aux lois de l’alternance, elle a acquis avec Emmanuel Macron une fonction vicariante, capable de suppléer à l'insuffisance fonctionnelle de tous les organes du pouvoir, des gesticulations, des simulacres des ersatz présidentiels.

On l’a cru gaullien le soir de son élection de 2017 mais c’était un mème. On l’a vu au Congrès de Versailles, écrasé comme Sarkozy ou Hollande, par le faste monarchique des lieux, on l’a vu gesticulant en acrobate au stade de Krestovski à Saint-Pétersbourg pour la victoire des Bleus en 2018, on l’a vu avec Didier Raoult la semaine dernière scrutant un écran invisible comme le cliché célèbre d’Obama suivant la prise de Ben Laden avec son équipe. On l’a vu dans les rues de Jérusalem, imitant Chirac jusqu’à l’accent.

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L’écrivain Jérome Charyn a inventé un mot pour désigner le « besoin pathologique de se mettre constamment en scène ». C’est le mot « mytholepsie », une sorte de dérèglement de la représentation de soi qui consiste à inventer sans cesse de nouvelles mises en scène, à changer d’angles et de discours, si bien qu’il devient impossible de distinguer le vrai du faux, le personnage et son modèle.

Macron c’est le « président mytholepse », un atelier théâtre à lui tout seul. Il joue tous les rôles à la fois comme au temps du lycée.