Quotidien Shaarli
December 14, 2019
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« Au sein de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), mais aussi dans les milieux associatifs, au Sénat et à l’Assemblée nationale, on s’interroge : pourquoi supprimer un organisme qui, en dix-huit ans d’existence, a prouvé son efficacité malgré un budget n’excédant pas les 500.000 euros ? Pourquoi réduire son personnel déjà peu étoffé pour le faire passer de 14 à 9 membres, alors que les 3 000 signalements de mouvements sectaires recensés l’année dernière traduisent une hausse de 23 % par rapport à 2017 ? « Personne ne comprend le sens de cette dissolution de fait », glisse à Marianne un proche de la Miviludes. « Chaque semaine, une église évangélique ouvre ses portes en France, avec des pasteurs autoproclamés qui prétendent ‘‘guérir l’homosexualité’’ ! La Scientologie vient d’investir 33 millions d’euros dans un siège social de 7.000 mètres carrés à Saint-Denis et le complotisme prolifère, porté par des mouvements sectaires très actifs sur internet », rappelle notre interlocuteur. En bref, la Miviludes est plus indispensable que jamais. Son existence paraît néanmoins sérieusement compromise. »
« Pourquoi dissoudre la Miviludes ? » Selon un policier qui travaille sur le sujet, « il y a probablement une infiltration [1] au sein de l’État. » L'anthroposophie est par exemple présentée comme bien introduite. Né au début du XXe siècle et riche à milliards, ce mouvement international aux relents mystico-scientifiques était mentionné en 1999 dans un rapport parlementaire sur « les sectes et l’argent. » [...] Elle est présente dans l’éducation avec ses écoles et dans de nombreux secteurs de l’économie, y compris la santé, où il vend un médicament à base de gui dans le traitement du cancer. » »
[1] autrement dit et pour utiliser un terme moins complotiste : du lobbyisme ?
«Plus de deux siècles après la Révolution, les conditions de naissance continuent à déterminer le destin des individus. On ne devient pas ouvrier, on naît ouvrier.»
« Il existe une alternative qui consiste à céder aux sirènes de la psychologie active, faire croire que «quand on veut, on peut», que la réussite scolaire ne dépend que des efforts fournis, du mérite et rien d’autre. Cette fable méritocratique peut permettre, dans certains cas, de repousser les limites en ignorant qu’elles existent. En effet, on entend souvent ceux qui ont réussi à s’en sortir répéter cette citation qu’on attribue tour à tour à Mark Twain, à Voltaire et à Cristiano Ronaldo : «Je ne savais pas que c’était impossible, alors je l’ai fait.» Le problème est que si certains peuvent en tirer un bénéfice, c’est une souffrance pour d’autres. »
« pour expliquer ce qu’il observe, l’humain a naturellement recours aux facteurs internes au détriment des explications situationnelles. Et la source de cette erreur est la «croyance dans un monde juste» (CMJ) à laquelle on tend naturellement. Ce biais cognitif théorisé par Melvin J. Lerner consiste à penser qu’on «obtient ce qu’on mérite et qu’on mérite ce qu’on obtient» »
« il est à redouter que le choix du gouvernement d’annoncer l’instauration d’un âge pivot à 64 ans ne soit qu’une mise en scène bien préparée ...
Si comme on peut le penser, le scénario est déjà écrit, cela permet à la CFDT de jouer les gros bras depuis hier en s’exclamant que « la ligne rouge a été franchie ». Puis le gouvernement reculera la semaine prochaine sur cette question afin que la CFDT rentre à la niche, pour casser la dynamique du mouvement. »
Autre analyse mais identique sur le fond : https://www.marianne.net/debattons/billets/comment-le-gouvernement-va-enfumer-les-syndicats-avec-l-age-pivot-qui-sera-retire
« La technique du "faux pivot" est un stratagème très courant en négociation. Cela consiste à faire semblant de vouloir absolument quelque chose, pour finalement y renoncer, en échange de la chose que vous vouliez vraiment depuis le début. Vraisemblablement, c’est ce stratagème qu’Emmanuel Macron est en train d’utiliser pour tenter d’enfumer les syndicats et de vaincre la grève. Et, ironie du sort, le faux pivot qu’il utilise s’appelle d’ailleurs explicitement… "l’âge pivot" ! »
Extraits
«
1 – Notre régime de retraite et la sécurité sociale dont il fait partie ne sont pas en danger financier et il n’y a donc pas nécessité à faire travailler les gens plus longtemps ou à réduire le niveau des futures pensions.
2 – Non, notre espérance de vie n’est pas en constante augmentation et cela ne justifie pas qu’on travaille plus longtemps.
3 – Augmenter l’âge de départ à la retraite (ou “âge pivot”) ne nous fera d’ailleurs pas travailler plus longtemps mais simplement gagner moins.
4 – L’objectif de cette réforme n’est d’ailleurs pas de « sauver le régime par répartition », mais bien de développer un système de retraites par capitalisation, très profitable pour tout le secteur assurantiel et bancaire.
»
En conclusion j'ajouterais : Augmenter l’âge de départ à la retraite ne fait qu’accroître les difficultés des jeunes à trouver un emploi. Si les personnes de plus de 60 ans sont obligées de travailler, mécaniquement cet emploi n'est plus disponible pour les jeunes. Tout en sachant que les personnes de plus de 55 ans qui n'ont pas d'emploi ont très peu de chances d'en trouver un car les employeurs n'embauchent pas après cet âge.
De plus, l'âge moyen de l'espérance de vie en bonne santé est en France aux alentours des 63 ans.
Mettre l'age de départ à la retraite à taux plein à 64 ans, comme voudrait le faire Macron, en plus d'être inutile est d'un cynisme totale, et précarise à la fois les vieux et les jeunes.